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Rapport d'activité 2011
Première partie : Nouveautés
L'année 2011 a permis à l'A.N.A.I. d'accomplir ses missions traditionnelles et de lancer la coopération avec le Souvenir Français.
Pourtant la mort et la maladie nous ont durement frappés et les difficultés de déplacement ne permettent plus les réunions de section à effectif complet. Mais les présidents et les adhérents valides exercent avec foi l'activité nécessaire en suscitant l'appuides autorités.
C'est pourquoi nous sommes fiers des grandes réussites de 2011. Dans l'ordre architectural, lezs monuuments de Strasbourg, de Clermont-Ferrand, de Poitiers, de Versailles, d'Auch, les nombreuses inscriptions sur les monuments communaux. Dans le domaine pédagogique : la mobilisation des enfants du Nord etde l'Yonne dans les cérémonies. Ces résultats couronnent des années d'effort.
Une inquiétude s'amplifie dependant depuis l'an dernier : les expositions sur l'Indochine ne connaissent pas le développement souhaité. Des trois expositions créées par l'A.N.A.I. en 1986-1987, seule celle de Cambrai a été présentée en 2011. Notre âge rendait ce ralentissement prévisible; c'est pourquoi l'ONAC a édité en 2007 une exposition majeure dont chaque département possède un exemplaire. Mais la réduction des effectifs des services départementaux conduit à penser que ces matériels ne sont utilisés que lorsque nous organisons leur sortie. Certains présidents s'en préoccupent, d'autres non. Hors classement se situe l'ONAC de Pau, qui avait constitué sa propre exposition avant celle de la maison-mère et qui maîtrise parfaitement ses tournées.
Nos difficultés financières demeurent. Le 1er septembre, aucune subvention n'était parvenue et il manquait mille cotisations. De nombreux dons ont permis une remise à flot provisoire.
Deux sections sont en sommeil : le Gers et la Haute-Marne. Les présidents et les drapeaux demeurent en fonction, les derniers adhérents sont rattachés directement au siège national.
Deuxième partie : Constantes
Etudes et recherches
Depuis très longtemps, l'ANAI estsollicitée par des étudiants qui préparent des mémoires ou des thèses concernant l'Indochine. Parfois c'est un président de section, plus généralemenrt c'est le président national, qui accueillent les demandeurs, complètent leur documentation et dégagent les grandes lignes d'une histoire souvent compliquée. La vingtaine d'audiences annuelles est très intéressante. Il faut se réjouir de l'attrait qu'exerce encore l'Indochine sur les étudiants et leurs directeurs de thèse.
Quelques historiens ont l'amabilité de présenter leur manuuscrit à l'ANAI avant édition.
En 2011, ce sont deux cinéastes qui ont demandé nos conseils.
Cérémonies
La journée nationale du souvenir des morts pour la France en Indochine est entrée dans la tradition. Elle a été célébrée avec ferveur à Paris par le Ministre sous l'Arc de Triomphe, en province par les Préfets devant les monuments départementaux et souvent par les Maires soutenant des initiatives locales. La participation des anciens combattants et de leurs amis ne faiblit pas ; elle encourage les autorités. Le rôle des présidents de section est essentiel pour la définition d''horaires compatibles, l'organisation et le financement des cérémonies.
Le 2 novembre, comme chaque année, les pélerinages du Souvenir Indochinois se sont déroulés devant nos monuments traditionnels de Vincennes, Nogent sur Marne, Aix en Provence, Montpellier, Castelnau le Lez et Toulouse. A Nogent sur Marne la célébration est dirigée par d'anciens officiers de l'armée nationale viêtnamienne (Coolonel Trân Dinh Vy, Médecin-Colonel Hoang Co Lan), les couleurs françaises et viêtnamiennes sont levées en même temps, les participants d'origine viêtnamienne sont de plus en plus nombreux. A Vincennes les associations khmères, laotiennes et hmongs nous accompagnent fidèlement.
Selon la tradition, certaines sectiions ont commémoré la résistance aux Japonais (9 mars) et la bataille de Diên Biên Phu (7 mai).
La réduction du format des armées a entraîné la disparition de la plupart des musiques militaires qui rehaussaient nos cérémonies.
Organisation
Les anciens combattants vieillissent. Certains perdent leur mobilité. Réunir une section est parfois difficile. Quelques présidents se déplacent en plusieurs lieux du département. D'autres organisent des sessions avec des associations de mêmes sentiments.
Le Bulletin de l'A.N.A.I. reste le lien essentiel. Le Colonel Rives poursuit ses investigations dans les archives ; il fait paraître chaque trimestre des informations inédites sur l'histoire de l'Indochine. Marie Lê Quan continue à rechercher et publier des études antérieures à 1940.
Ces découvertes sont utiles aux anciens combattants, qui apprennent à connaître l'Indochine qu'ils ont aimée. Elles sont également nécessaires aux Indochinois d'aujourd'hui ; les Viêtnamiens, Cambodgiens, Laotiens de là-bas parce que le marxisme a effacé leur histoire, les réfugiés d'après 1975 parce que leurs enfants si bien intégrés ont un peu perdu la mémoire de leur origine.
Le Site Internet de l'A.N.A.I. permet de toucher un public qui ne se serait jamais intéressé à l'Indochine. Mais les premiers contacts sont souvent sans lendemain. Il est également précieux pour les échanges avec des correspondants étrangers soucieux de recherches historiques.
Diminution des ressources
La crise économique qui frappe la France a amené les organismes publics qui nous soutenaient à réduire leurs subventions. Nous vivons des dons et des cotisations.
S'agissant de celles-ci, il a été décidé de ne plus les augmenter mais de demander aux adhérents qui utilisent le reçu fiscal de bien vouloir "arrondir" leur versement. Cet appel a été reçu par un trop petit nombre.
Il n'y a pas d'autre moyen de tenir notre rang. Un numéro du Bulletin, par exemple, n'est payé par l'abonné que 3 euros, recherches, conception, édition et transport compris !
Projets
Lorsque l'A.N.A.I. cessera de fonctionner, faute de ressources humaines ou financières, le Souvenir Français accepte de prendre en charge ses activités mémorielles. Son maillage territorial prendra la relève du nôtre.
Grâce à notre présence dans les conseils départementaux des anciens combattants, l'ONAC assure notre service social.
Son soutien à nos missions mémorielles a été très apprécié ; l'exposition sur l'Indochine en témoigne. Mais depuis la suppression de ses délégués à la mémoire les liens pourraient se relâcher ; la faible rotation de l'exposition sur l'Indochine inquiète.
Solidarité
C'est le terme officiel. En ce qui nous concerne, pourquoi ne pas dire sympathie ?
Nous avons aimé le même pays, qui n'était pas le nôtre, et souffert de la même incompréhension de la part du nôtre. D'où ce lien entre nous qui, paradoxalement, se renforce alors que nous nous déplaçons moins. Les rivalités entre associations disparaissent, le Comité National d'Entente porte bien son nom ; seule demeure parfois une différence de génération. Localement de nombreuses sections adhèrent à des comités patriotiques.
Matériellement nous ne pouvons rien les uns pour les autres car nous ne sommes pas riches ; notre association vit de nos cotisations, c'est à dire de peu. Mais les lois et les règlements ont prévu le droit à réparation et les secours d'urgence ; l'ANAI, qui participe aux commissions départementales de l'ONAC, joue alors un rôle d'accommpagnement, signalant les camarades en difficulté, les conseilllant dans leurs démarches et, plus généralement, les aidant à supporter la vie.
Un service de proximité est assuré par le siège, les sections ou les comités. La plupart organisent des visites aux malades, voire des courriers de vacances et des excursions touristiques, qui apportent de la joie aux isolés. Les besoins de visite au domicile des impotents, voire aux maisons de retraite, ne sont malheureusement pas tous satisfaits.
Le Bulletin de l'A.N.A.I. favorise des retrouvailles d'anciens camarades ; nous l'apprenons longtemps plus tard.
De nouveaux réfugiés se manifestent encore. Ce sont souvent d'anciens enfants déportés par les Khmers Rouges et demeurés clochards au Cambodge après leur libération sans pouvoir retrouver leur famille. Des parents plus chanceux, établis en France et naturalisés, les ont recherchés et invités à les rejoindre. Entrés avec un visa de tourisme, ils végètent sans papier dans la peur. C'est à l'A.N.A.I., héritière du Comité National d'Entraide, que ces malheureux se présentent un jour. Mais dans la France actuelle leur régularisation prend plusieurs années. C'est pour le siège un souci important, qui l'oblige à entretenir des relations avec les administrations et à garder le contact avec des organisations humanitaires.
Malgré la démarche du Ministre soucieux de "mémoire partagée", le gouvernement de Hanoï a refusé un partenariat avec la France pour soigner gratuitement les mutilés de toutes les guerres. Nous poursuivons donc notre aide discrète aux invalides de l'armée française.
L'oeuvre que nous avons fondée en 1990 sous le nom d'ANAI-Parrainage a pris sa totale indépendance le 19 juin 2008. D'autres associations bénéficient de la générosité de nos adhérents. Citons les Frères des Ecoles Chrétiennes à Saïgon et à Biên Hoa, qui sont soutenus par la section des Pyrénées Orientales, les Oeuvres Hospitalières de l'Ordre de Malte à Saïgon, auxquelles participe la section du Rhône. Certaines sections travaillent sans intermédiaire : lesPyrénées Orientales dans deux villages : l'un au Nord, l'autre au Sud, le Rhône au Cercle Francophone de Da Nang, au Centre de Chirurgie de la lèpre de Saïgon, à la Bibliothèque scientifique et médicale de Phnom Penh.
Conclusion
Depuis le Souvenior Indochinois de 1917, l'A.N.A.I. a toujours mis son point d'honneur à réunir civils et militaires, Métropolitains et Indochinois, de toutes les périodes, en vue d'une action de mémoire et d'entraide. La tâche n'a jamais été simple ; à certains moments elle était envenimée par les querelles politiques françaises, vietnamiennes, cambodgiennes ou laotiennes. Aujourd'hui où les témoins atteignent la sérénité, c'est leur âge qui pourrait être un frein. Mais le mouvement est lancé : en France la jeunesse qu'il faut instruire, là-bas celle qu'il faut secourir ont placé leur espoir en nous. Continuons à porter, individuellement et collectivement, la hotte de l'amitié.
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