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RAPPORT D'ACTIVITÉ 2007

Mémoire

Pour les anciens d'Extrême-Orient les événements majeurs de l'année 2007 ont été la journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine, le 8 juin, et l'exposition sur la guerre d'Indochine qui a suivi.

C'est en Haut Conseil de la Mémoire Combattante le 10 novembre 2004, sur la proposition du Président Hugues Dalleau, que le Président de la République a arrêté le principe d'une journée nationale d'hommage aux morts d'Indochine. La date du 8 juin a été choisie parce qu'elle marque l'anniversaire de l'accueil à Paris, le 8 juin 1980, du premier soldat inconnu rapatrié du Tonkin.

En 2005 le 8 juin a été célébré par une prise d'armes grandiose dans la cour d'honneur des Invalides à Paris. En 2006, dans chaque département le Préfet a présidé une cérémonie au monument aux morts du chef-lieu. En 2007 l'hommage a failli être annulé, le gouvernement sortant ayant décidé que la période électorale ne le permettait pas. Heureusement, dès sa prise de fonctions, le nouveau Président de la République a révoqué cet interdit.

La ferveur n'en fut que plus grande, car bon nombre de nos camarades, justement émus, avaient préparé des cérémonies auxquelles les autorités n'eurent plus qu'à se joindre. La vertu du 8 juin -- ce rassemblement autour des morts - rapproche les associations, qui travaillent en commun à tous les échelons. Et d'ailleurs même des isolés ont inspiré à leur Maire des célébrations communales.

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Intéresser nos concitoyens au souvenir des morts, de leur sacrifice et surtout de leur action pour la France et pour la liberté, c'est notre but. Nous avons l'ambition de l'atteindre au prix d'un dernier effort grâce à l'aide de l'ONAC, notre partenaire.

Pendant l'hiver 2006-2007 la Direction de la Mémoire de l'ONAC a conçu et réalisé une exposition sur la guerre d'Indochine. Elle évoque l'ceuvre de la France en Extrême-Orient dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la linguistique, de la mise en valeur du territoire. Elle trace les grandes lignes de la lutte contre l'impérialisme japonais puis contre le communisme international. Ce n'est pas une somme historique mais un document pédagogique.

Ses dix-neuf panneaux aisément transportables ont vocation à être déployés sur les lieux publics et dans les écoles. Chaque département est doté d'une collection propre, dont la mise en oeuvre dépend de l'ardeur et de la qualité des ODAC et des associations. Certains anciens peuvent apporter des commentaires intéressants, mais les délégués à la mémoire combattante pénètrent plus facilement les milieux scolaires. A chaque extrémité du palmarès voici des exemples vécus le 8 juin 2007 : la Section de l'Yonne a présenté l'exposition dans deux villes différentes au cours de la même journée, mais les ODAC de l'Essonne et de la Manche ont refusé de prêter le matériel aux sections qui avaient tout préparé pour l'exposer.

Le partenariat ONAC-ANAI ne s'exerce pas en sens unique. Au conseil d'administration de l'ONAC le 5 novembre 2007 le président de l?ANAI est intervenu pour réclamer au Ministre les crédits nécessaires au recrutement des délégués à la mémoire combattante.

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L'ANAI n'a pas pour autant renoncé à ses propres expositions. Mais le manque d'animateur ne permet plus de tenir des créneaux longs comme naguère.

Une vingtaine de conférences sur l'Indochine ont été données dans toute la France. Elles ont toujours suscité un vif intérêt.

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Le 2 novembre, comme chaque année, les cérémonies du Souvenir Indochinois se sont déroulées devant nos monuments traditionnels de Vincennes, Nogent sur Marne, Aix en Provence, Castelnau le Lez et Toulouse. A Nogent sur Marne la célébration est dirigée par d'anciens officiers de l'armée nationale viêtnamienne (Colonel Trân Dinh Vy, MédecinColonel Hoang Co Lan), les couleurs françaises et viêtnamiennes sont levées en même temps, les participants d'origine viêtnamienne sont de plus en plus nombreux.

A Vincennes le Président Ngau Beng Eam mobilise les associations khmères à tour de rôle. Que les Cambodgiens se sentent chez eux autour du stupa, c'est notre voeu.

Les Laotiens, emmenés par le Prince Phouangsavath, le Colonel Sivisay (absent cette année) et la famille Na Champassak, nous accompagnent fidèlement. Les Hmongs commencent à venir, avec le Commandant Vannier

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Le 2 novembre, comme chaque année, les cérémonies du Souvenir Indochinois se sont déroulées devant nos monuments traditionnels de Vincennes, Nogent sur Marne, Aix en Provence, Castelnau le Lez et Toulouse. A Nogent sur Marne la célébration est dirigée par d'anciens officiers de l'armée nationale viêtnamienne (Colonel Trân Dinh Vy, MédecinColonel Hoang Co Lan), les couleurs françaises et viêtnamiennes sont levées en même temps, les participants d'origine viêtnamienne sont de plus en plus nombreux.

A Vincennes le Président Ngau Beng Eam mobilise les associations khmères à tour de rôle. Que les Cambodgiens se sentent chez eux autour du stupa, c'est notre voeu.

Les Laotiens, emmenés par le Prince Phouangsavath, le Colonel Sivisay (absent cette année) et la famille Na Champassak, nous accompagnent fidèlement. Les Hmongs commencent à venir, avec le Commandant Vannier.

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Dans la transmission de la mémoire le Bulletin de l'ANAI tient un rôle essentiel. Malgré des ennuis de santé le Colonel Rives poursuit ses investigations dans les archives de l'armée ; il fait paraître chaque trimestre des informations inédites sur l'histoire militaire de l'Indochine. Marie Lê Quan continue à rechercher et à publier des études antérieures à 1940. Développement économique, sanitaire et culturel remarquable, projet humain et politique insuffisant, parfaite conscience de cette situation par les autorités supérieures de la colonie, indifférence du gouvernement français aux projets de réforme, tout ce bilan que nous avons cru établir récemment était connu en 1930.

Ces découvertes sont utiles aux anciens combattants, qui apprennent à connaître l'Indochine qu'ils ont aimée. Elles sont également nécessaires aux Indochinois d'aujourd'hui les Viêtnamiens, Cambodgiens, Laotiens de là-bas parce que le marxisme a effacé leur histoire, les réfugiés d'après 1975 parce que leurs enfants si bien intégrés ont un peu perdu la mémoire de leur origine.

Le Site Internet de l'ANAI permet de toucher un public qui ne se serait jamais intéressé à l'Indochine. Mais les premiers contacts sont souvent sans lendemain. Il est également précieux pour les échanges avec des correspondants étrangers soucieux de recherches historiques.


Solidarité

C'est le terme officiel. En ce qui nous concerne, pourquoi ne pas dire sympathie ?

Nous avons aimé le même pays, qui n'était pas le nôtre, et souffert de la même incompréhension de la part du nôtre. D'où ce lien entre nous qui, paradoxalement, se renforce alors que nous nous déplaçons moins. Les rivalités entre associations disparaissent, le Comité National d'Entente porte bien son nom ; seule demeure parfois une différence de génération. Localement de nombreuses sections adhèrent à des comités patriotiques ; la prudence est toutefois de mise pour éviter un entraînement politique.

Matériellement nous ne pouvons rien les uns pour les autres car nous ne sommes pas riches ; notre association vit de nos cotisations, c'est à dire de peu. Mais les lois et les règlements ont prévu le droit à réparation et les secours d'urgence ; l'ANAI, qui siège dans les commissions départementales de l'ONAC, joue alors un rôle d'accompagnement, signalant les camarades en difficulté, les conseillant dans leurs démarches et, plus généralement, les aidant à supporter la vie. Ce service de proximité est assuré par les sections ou par les comités. La plupart organisent des visites aux malades, voire des courriers de vacances et des excursions touristiques, qui apportent de la joie aux isolés. Les besoins de visite au domicile des impotents, de plus en plus nombreux, ne sont malheureusement pas tous satisfaits.

Le Bulletin de l'ANAI favorise des retrouvailles d'anciens camarades ; nous l'apprenons longtemps plus tard.

De nouveaux réfugiés se manifestent encore. Ce sont souvent d'anciens enfants déportés par les Khmers Rouges et demeurés clochards au Cambodge après leur libération sans pouvoir retrouver leur famille. Des parents plus chanceux, établis en France et naturalisés, les ont recherchés et invités à les rejoindre. Entrés avec un visa de tourisme, ils végètent sans papier dans la peur. C'est à l'ANAI, héritière du Comité National d'Entraide, que ces malheureux se présentent un jour. Mais dans la France actuelle leur régularisation prend plusieurs années. C'est pour le siège un souci important, qui l'oblige à entretenir des relations avec les administrations et à garder le contact avec des organisations humanitaires.

En 2005 trois régularisations ont été obtenues de la Préfecture de Police de Paris ; elles sont renouvelées chaque année.

En 2007 le président de l'ANAI est allé plaider devant la Commission des Recours des Réfugiés en faveur d'une Viêtnamienne qui avait été vendue en Chine et avait réussi à s'enfuir en France. La qualité de réfugiée lui a été reconnue.

Le chapitre des naturalisations n'est pas clos. Si tous les anciens combattants ont obtenu satisfaction, non sans peine, un certain nombre de vieilles dames attendent toujours qu'un employé de préfecture se laisse attendrir. L'âge venu, les enfants établis ailleurs, elles parleront de moins en moins français et seront de plus en plus humiliées. Le sort de ces femmes est une préoccupation pesante. L'ANAI est intervenue auprès du Président de la République ; la hiérarchie a reçu des instructions techniques. Deux naturalisations ont été obtenues en 2006, une en 2007.

Malgré la démarche du Ministre soucieux de « mémoire partagée », le gouvernement de Hanoï a refusé un partenariat avec la France pour soigner gratuitement les mutilés de toutes les guerres. Nous poursuivons donc notre aide discrète aux invalides de l'armée française.

Devenue autonome, notre oeuvre de parrainage se développe grâce à la générosité des donateurs et à la fidélité des parrains, membres de l?ANAI ou non. D'autres associations bénéficient de la générosité des membres de l'ANAI, citons le Frangipanier, oeuvre bretonne qui aide des écoles et des hôpitaux au Laos, l'ACASEA, oeuvre normande qui travaille au Cambodge, les Frères des Écoles Chrétiennes à Saigon et à Biên Hoa, qui sont soutenus par la Section des Pyrénées Orientales, les ouvres Hospitalières de l'Ordre de Malte à Saigon, auxquelles participe la Section du Rhône.

Certaines sections travaillent sans intermédiaire : les Pyrénées Orientales dans un village de Cân Tho, le Rhône au Cercle Francophone de Da Nang, au Centre de Chirurgie de la lèpre de Saigon, à la Bibliothèque scientifique et médicale de Phnom Penh.

Conclusion

Depuis le Souvenir Indochinois de 1917, l'ANAI a toujours mis son point d'honneur à réunir civils et militaires, Métropolitains et Indochinois, de toutes les périodes, en vue d'une action de mémoire et d'entraide. La tâche n'a jamais été simple ; à certains moments elle était envenimée par les querelles politiques françaises, vietnamiennes, cambodgiennes ou laotiennes. Aujourd'hui où les témoins atteignent la sérénité, c'est leur âge qui pourrait être un frein. Mais le mouvement est lancé : en France la jeunesse qu'il faut instruire, là-bas celle qu'il faut secourir ont placé leur espoir en nous. Continuons à porter la hotte de l'amitié.



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