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Le « jaunissement » à partir de 1946

La pénurie des effectifs
Après quelques mois de commandement en Indochine, le Général Leclerc constate que les effectifs placés sous ses ordres sont insuffisants pour pacifier le pays. Les deux dernières grandes unités qui lui ont été accordées, la 1ère BEO, qui a mis si longtemps à arriver qu'elle a été surnommée "l'Arlésienne du CEFEO", et la 3e DIC ont déjà débarqué. Mais il ne lui faut plus compter sur d'autres renforts ; au début de 1946, le Président du Conseil Bidault a déclaré avec un optimisme béat : "Sauf imprévu, nous pouvons avoir repris l'Indochine au printemps". A cette époque d'ailleurs, les militaires récemment arrivés sont classés en deux catégories : ceux du CEFEO proprement dit, chargés de rétablir l'ordre, et les autres, destinés à tenir garnison dans le pays pacifié.

Embuscade tendue par des partisans ( Cliché EPCA )

Le problème posé à l'Etat-Major est apparemment insoluble :
- 23.000 militaires venus en Extrême-Orient pour y effectuer un séjour d'un an ou dont les contrats arrivent à expiration doivent être rapatriés à la fin de 1946 ou au début de 1947,
- certaines unités de la 1ère BEO ne sont constituées que de cadres, leurs tirailleurs sénégalais étant restés à Madagascar. Ainsi le 1er Bataillon de cette formation doit recruter, début 1946, 1.116 hommes de troupe autochtones pour compléter ses effectifs,
- jusque dans les premiers mois de 1947 l'interdiction d'utiliser des Africains et des Maghrébins subsiste ; seuls quelques Malgaches servent à la 1ère BEO,
- le contingent ne peut être envoyé en Indochine,
- les pertes sont importantes : 3.164 tués ou décédés et 581 déserteurs d'octobre 1945 à décembre 1946,
- les rapatriements sanitaires mensuels s'élèvent à 500 blessés ou malades,
- la nécessité s'impose de disposer en permanence d'un corps de bataille supérieur à celui des rebelles (2),
- la surface du pays à contrôler s'étend sur 740.000 km2.
Pour une pacification idéale du delta tonkinois 7.000 villages seraient à tenir avec 350.000 hommes.
En 1954 seules 917 agglomérations auront une garnison française. Une telle occupation, en comprenant les éléments d'intervention, immobilisera 82.470 soldats de l'Union Française contre 37.000 combattants du Viêt Minh. La Cochinchine quant à elle est considérée comme " un gouffre à bataillons ".
Les effectifs estimés nécessaires pour arriver à une solution satisfaisante du problème vont constamment croître : 50.000 début 1946, 115.000 en 1948, 190.000 en 1951. Il est à remarquer qu'en 1947, l'Armée de Terre dans son ensemble ne compte que 400.000 hommes et la gendarmerie 60.000 gardes ou gendarmes au total.
Dans de telles conditions, il n'est pas étonnant qu'à la même époque le lieutenant-colonel Pourdieu, chef du 1er Bureau des TFEO, avoue : "Je scrute chaque bateau pour connaître le nombre de militaires qu'il apporte". Le général Valluy, qui commande les troupes d'Indochine depuis le 1er octobre 1947, écrit au général Juin, Chef d'Etat-Major Général : "Je prends tout ce qui se présente en matière d'effectifs". Jusqu'en 1954 la conduite des opérations sera conditionnée par les effectifs. En 1951, le Commandement est dans l'obligation d'employer des tirailleurs nord-africains de trois mois de services. L'année suivante, 19% des officiers et 20% des sous-officiers d'Infanterie font défaut par rapport aux tableaux d'effectifs, 742 d'entre eux étant tombés au combat dans les douze derniers mois. En 1953, de très mauvais gré, l'Etat-Major est contraint d'accepter 250 officiers ne disposant que d'une aptitude physique restreinte voire très restreinte.
Ainsi, dès la mi-1946, le Commandement, qui est loin d'être partisan de cette solution, est obligé d'envisager l'emploi massif d'autochtones. En 1947, un rédacteur d'état-major utilise le terme de "fatal jaunissement des TFEO" et le 16 août 1948 une note parle de "surjaunissement".

Coût et efficacité
D'autres motifs plaident pour un tel recrutement. Au cours de ses expéditions coloniales, l'Armée Française a toujours incorporé des contingents locaux. Ces derniers supportent plus facilement le climat et connaissent mieux le pays que les Européens. Par ailleurs ils reviennent moins cher. En 1948, un soldat "importé", car tel est le terme utilisé, perçoit une solde de 240 piastres, le régulier du cru touche seulement 190 piastres et le partisan 140. Un tel argument est à prendre en considération lors d'un conflit qui a coûté 3 milliards 200 millions de francs en 1945 et 569 milliards en 1952, une certaine partie de ces sommes étant toutefois supportée par les USA. De telles dépenses représentent, selon l'Humanité , 350 grammes quotidiens de pain pour chaque Français ou un logement à la minute. Enfin le désir de faire participer les Indochinois à une lutte qui les concerne au premier chef, et d'obtenir en outre une aide accrue des Alliés, n'est pas étranger à l'application d'une politique dont les premiers effets vont être perceptibles dès l'été 1946.

Les premières mesures
En février 1946, le Général Leclerc évoque un corps de bataille de 59.671 Européens et de 27.790 Indochinois. Dès le 7 mars 1946, une note "provisoire et n'engageant pas l'avenir" prescrit l'incorporation de tirailleurs en distinguant les volontaires, les Cambodgiens mis à la disposition de la France par Sa Majesté, les anciens militaires repris dans les rangs du Viêt Minh où ils sont supposés "avoir été emmenés de force" et les soldats rapatriés de métropole non volontaires pour participer aux opérations.
La Compagnie Annamite de Saigon et une unité spéciale du Bataillon de Saigon-Cholon doivent administrer ces hommes qui seront tour à tour dénommés tirailleurs, soldats indochinois, soldats de statut local, soldats de l'Union Française ou des Etats Associés. Ils jouissent des dispositions d'un texte réglementaire paru le 29 mars 1933 et relatif aux troupes autochtones recrutées en Indochine. Le 16 juin 1946, un document prévoit l'incorporation d'une première tranche de 5.100 recrues.
Les irréguliers quant à eux se subdivisent en partisans ou auxiliaires de deux catégories et en supplétifs. Des différences de solde et d'emploi au combat sont prévues mais, en pratique, elles ne seront jamais appliquées sur le terrain. Ces hommes donnent déjà toute satisfaction. Le 15 février, l'enseigne de vaisseau chef des partisans de Tra Vinh demande, "étant donné les excellents résultats obtenus par ses subordonnés, que le rétablissement de l'ordre leur soit confié dans la province, sans l'aide de troupes régulières", ce qui semble un peu prématuré.
Le 21 novembre 1947, le général Valluy, estimant impossible la relève des éléments arrivés en 1945 et 1946, ordonne de recruter 40.000 supplétifs car il ne veut plus de "tirailleurs au rabais insuffisamment encadrés". Il écrit à ce propos "qu'il lui paraît impossible de pacifier un pays sans le concours d'une majorité d'autochtones acquise à l'idée du retour à l'ordre". Conseillé par les Généraux Alessandri et Salan, il insiste sur la grande initiative à laisser "à ces partisans au sens propre du terme issus de groupes ethniques, politiques ou religieux". C'est en effet l'époque où les Nungs, les Thaïs, les Thos du Tonkin ainsi qu'en Cochinchine les Caodaïstes, les Hoa Hao et les Binh Xuyen constituent un vivier d'importants recrutements. Il en est de même sur les Hauts Plateaux Montagnards. Ainsi le 4ème Bataillon de la 1ère BEO recueille, en février 1946, 200 évadés djaraïs provenant de la zone viêt minh. Ils forment la 13ème compagnie et participent à la libération de Pleiku et de Kontum. En 1954, ces minorités vont fournir 44% des réguliers autochtones des TFEO.
Le Commandement ne minimise pas le danger de l'opération. Le 21 juillet 1947, il précise aux chefs de corps "qu'il n'y a pas lieu de s'indigner de certaines désertions. Il faut prendre les gens tels qu'ils sont. En brousse, les autochtones sont irremplaçables ; on ne doit pas faire la guerre sous les tropiques avec des blancs ".
Ces lignes sont écrites alors que "par suite de la chute des effectifs européens, la dissolution d'une dizaine de bataillons d'infanterie, d'un régiment de blindés et d'un groupe de transport semble inéluctable entre février et août 1948, si des renforts autochtones ne sont pas trouvés". En 1949, les déficits "blancs" qui s'élèvent à 26.000 hommes sont ainsi limités à 7 000, grâce à l'incorporation d'Indochinois.

Les supplétifs
En 1948, la primauté des incorporations est donnée aux réguliers. Cependant le 29 janvier 1948, les partisans sont dotés d'un statut provisoire. Ils y sont définis comme "des autochtones qui acceptent de participer au rétablissement de l'ordre dans leur région d'origine". Leur hiérarchie s'étend de partisan à capitaine et leur solde journalière est de 4 piastres pour un simple irrégulier, assortie d'une prime variant de 3 à 9 piastres 20 selon le territoire. En cas de blessure occasionnant une invalidité permanente, l'homme perçoit 1.000 piastres. Les veuves des tués au combat peuvent prétendre à une indemnité de 1.000 piastres augmentée de 150 piastres pour les enfants de moins de 15 ans, mais seuls quatre de ceux-ci sont susceptibles d'être pris en considération.
Alors qu'une instruction de 1946 interdisait de doter les supplétifs de FM, celle de 1948 accorde, pour une formation de 100 partisans, 2 PA, 7 PM, 3 FM et 88 fusils. Les 40.000 irréguliers prévus doivent être encadrés par 1.500 Européens. A partir de 1950, le terme de supplétif militaire sera seul réglementaire et ils seront appelés à servir dans des Compagnies Légères de Supplétifs Militaires.
L'étude de cette catégorie de combattants est compliquée du fait de leur diversité. Ainsi en 1951, on dénombre au Sud Vietnam onze sortes d'irréguliers :
- les supplétifs de l'Armée Française dits parfois supplétifs à la suite,
- les supplétifs de l'Armée Vietnamienne de 1ère catégorie supportés par le budget vietnamien et ceux de 2ème catégorie soldés par la France mais utilisés par le Vietnam,
- les miliciens provinciaux,
- les membres des auto-défenses,
- les supplétifs particuliers (plantations,domaines rizicoles, installations industrielles) entretenus par des organismes privés,
- les partisans Baraï dissidents du parti TNBQD,
- les gardes des voies ferrées,
- les hommes des Unités mobiles de défense des chrétientés (UMDC),
- les partisans Binh Xuyen, Caodaïstes et Hoa Hao,
- les gardes des salines,
- les supplétifs amphibies des Commandos de la Marine Nationale et ceux des Divisions Navales d'Assaut.
Il existe également de nombreuses formations para-militaires.

Bilan des effectifs autochtones
Les Indochinois de l'Armée Française seront de plus en plus nombreux jusqu'au début de 1952 puis leurs effectifs diminueront par suite des transferts effectués aux Armées Nationales. Selon les appartenances et les époques, on dénombre pour :
Les Réguliers :
au 31 octobre 1946 : 24.911 militaires
au 31 octobre 1947 : 34.164 militaires
au 1er janvier 1949 : 37.046 militaires
au 1er janvier 1952 : 62.842 plus 1.004 interprètes pour un ensemble de 188.776 hommes des TFEO,
au 1er mai 1954 : 58.497 alors que les TFEO alignent 205.536 hommes.
Les Supplétifs :
au 1er janvier 1946 : 5.000 hommes
au 30 décembre 1947 : 10.109 hommes
au 1er janvier 1950 : 41.900 hommes
au 1er mai 1954 : 51.721 hommes
Les Armées Nationales :
au 1er octobre 1946 : 5.588 (Bataillon Cochinchinois, Armée Royale Khmère, Garde Nationale Laotienne),
au 31 décembre 1947 :18.014 (Garde Républicaine Cochinchinoise, Garde Tonkinoise, Milice d'Annam, Garde du Sud Annam, Garde Montagnarde, Gendarmerie Laotienne, Armée Royale Khmère);
au 1er mai 1954 : l'Armée Vietnamienne compte 208.232 réguliers et 41.078 supplétifs, l'Armée Laotienne compte 20.272 hommes, l'Armée Cambodgienne compte 18.884 réguliers et 5.163 supplétifs.

Difficultés dans les populations
L'incorporation de nombreux Indochinois au sein des unités des TFEO jusqu'alors européennes dans leur immense majorité ne va pas sans entraîner de profonds remous aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des unités jaunies.
Les recrutements locaux révèlent assez rapidement leurs limites. Ainsi les régions de l'ouest peuplées surtout de khmers krom abritent 250.000 habitants. En 1947, elles ont déjà fourni à l'armée fédérale 10.000 tirailleurs et 4.000 supplétifs alors que 25.000 hommes seulement sont en âge de porter les armes. Les autorités administratives des hauts plateaux du Sud Annam se plaignent à la même époque du caractère désordonné des incorporations. Au Laos, pourtant favorable à la cause française, les bonzes, les chefs de province et les familles s'émeuvent du départ des jeunes hommes, qui nuit gravement à la récolte du riz. Au Tonkin, le Bataillon de Marche Indochinois envoie en décembre 1948 dans les zones Nung et Tho des permissionnaires avec mission de ramener chacun cinq engagés volontaires. Le 21ème RIC qui a la charge de ce secteur et a aussi besoin de soldats locaux prend ombrage de ces empiétements. Il arrête à leur retour les recruteurs et récupère à son profit les conscrits, qui refusent alors presque tous de signer un contrat dans ce corps. Ils ont été en effet séduits par les promesses des vieux tirailleurs du BMI qui leur ont fait miroiter les avantages à servir dans un corps aussi glorieux que le leur.
En outre, bientôt, les organismes paramilitaires tels que les diverses gardes puis les armées nationales vont exiger leurs contingents. Durant le même temps, le Viêt Minh recrute massivement pour son corps de bataille qui passe de 80.000 hommes en 1947 à 280.000 en 1953. Les besoins en coolies pour les deux camps sont également très importants. Il faut, par exemple, en opération 38 porteurs pour charrier 300 coups de mortier de 81. Très souvent, les paysans sont réquisitionnés la nuit par les rebelles pour saboter les routes et le lendemain par les Français pour les réparer. Il convient aussi de ne pas oublier que les troupes de l'Union Française détiennent des prisonniers et internés militaires rebaptisés le 8 avril 1954 prisonniers de guerre et internés. A cette date ils sont 50.958, dont 2.000 présents à Diên Bien Phu.
Il n'est donc pas étonnant qu'à la suite de telles levées qui pèsent sur la vie des campagnes une grande lassitude s'empare des populations mises à contribution (1). A la fin de 1953, dans la région de Seno-Savannakhet l'Etat-Major français se plaint que les chefs de village laotiens ne lui accordent des coolies qu'avec la plus extrême réticence alors qu'ils les fournissent sans difficultés à l'adversaire. Mais ce dernier dispose de moyens plus coercitifs.

Difficultés dans les corps
Des réserves sont émises quant à l'opportunité de remplacer les Européens par du personnel local. Ainsi, certains officiers redoutent que la valeur combative des unités "soit amoindrie par la présence d'un nombre excessif d'autochtones". Dès septembre 1946, un document précise que "le jaunissement à la suite des premières expériences tentées n'apparaît pas sous un jour aussi favorable qu'on pouvait l'espérer". A la même date, un rapport de l'Inspecteur Général des Colonies Gayet conclut "à l'éradication des Indochinois appartenant aux troupes de souveraineté". Quelques formations d'origine métropolitaine telles que les Bataillons de Marche des 35ème et 151ème RI ont du mal "à digérer" les nouveaux incorporés originaires de la péninsule" qui mettent à dure épreuve les nerfs des Français isolés au milieu des Autochtones".
Des impossibilités techniques sont aussi avancées. L'Arme Blindée Cavalerie estime que les Indochinois sont incapables de piloter les chars et les automitrailleuses du fait de leur faiblesse musculaire. Les Transmissions sont embarrassées par des Cambodgiens et des Laotiens qui ne peuvent apprendre la lecture au son car ils ignorent l'alphabet latin. Quelques cadres des troupes aéroportées mettent en doute l'aptitude des candidats parachutistes locaux à sauter. Ils sont très vite rassurés car les 150 hommes de la 3ème compagnie du 1er bataillon SAS puis un peu plus tard les 130 Tonkinois de la 4ème compagnie du BMI "passent la porte" comme un seul homme derrière leurs chefs respectifs, les lieutenants Grillet-Paysan et Nguyen Van Vy. Mais le Commandement renâcle à leur accorder le brevet et la solde. Dans ce concert de lamentations toutefois le Génie note avec satisfaction "que les Tonkinois sont de bons sapeurs" et le Train apprécie les aptitudes à la conduite et à la mécanique des nouveaux incorporés, qui ont cependant "un peu trop tendance à démonter entièrement les moteurs de leurs véhicules".
En dépit des avis restrictifs trop pessimistes de certains esprits, au fur et à mesure de la poursuite des hostilités, de nombreuses unités mixtes ou autochtones vont voir le jour et donner satisfaction. Deux dates permettent de mieux comprendre l'évolution des opinions. En septembre 1946, le sous-lieutenant Nghiem Xuan Toan, appartenant à la famille du Tong Doc Vi Van Dinh "colonne de l'Empire d'Annam et grand chef des Thos", débarque à Saigon avec 187 tirailleurs venant de Shanghai. Ces vieux militaires qui désirent avant toute chose aller combattre dans la haute région tonkinoise sont jugés par l'Etat-Major "d'esprit douteux car voulant constituer des bandes à la frontière chinoise et présentant un danger pour leurs cadres".
Quelques années plus tard, dans la nuit du 29 au 30 mars 1951, le même lieutenant Toan qui a constitué avec ses Nungs et ses Thos la 150ème Compagnie Légère de Supplétifs Militaires (CLSM) défend héroïquement Mao Khé Mines. Blessé au cours de l'action, il est décoré sur son lit d'hôpital de la croix de chevalier de la Légion d'Honneur par le général de Lattre de Tassigny.

(1) En 1953, le capitaine Viannay, ancien Directeur du Centre Psychotechnique d'Hanoi, prône le recrutement de 500.000 conscrits dans le delta. Il estime qu'une telle opération ne gênera pas la vie économique de la région. Cet officier doit ignorer que lorsque les troupes de l'Union Indochinoise progressent dans ces contrées elles ne trouvent dans les villages que des femmes, des enfants et des vieillards.

Colonel Maurice RIVES


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