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Des religieuses au service des orphelins et des lépreux
Mère Benjamin (Anaïs Le Noël de Groussy) 1821-1884
Née le 24 octobre 1821 à Périers (Manche), Anaïs Le Noël de Groussy, fille du régisseur de l'hospice-orphelinat de la ville, entre à vingt ans en religion chez les soeurs de Saint Paul de Chartres qui tiennent l'établissement. Elle prononce ses voeux sous le nom de soeur Benjamin. Désignée pour l'Extrême-Orient, elle dirige la Communauté de Hong Kong de 1859 à 1860 avant d'être affectée à Saigon en 1861.
Monseigneur Lefèvre, vicaire apostolique de Cochinchine, lui demande de fonder une oeuvre hospitalière et sociale. L'amiral Charner lui offre un grand terrain boulevard Luro pour y construire une chapelle, un hôpital indigène et un orphelinat. Tout est à faire et elle le fait. Nommée supérieure provinciale de la Congrégation de Saint Paul de Chartres en Indochine, elle fait venir une vingtaine de religieuses. Les enfants abandonnés affluent (150 en 1864). La Maison de la Sainte Enfance et l'hôpital indigène sortent de terre.
C'est alors que le Service de Santé militaire lui demande des soeurs infirmières à Saïgon, Bien Hoa, Ba Ria, My Tho, Châu Doc, tandis que l'Administration civile en réclame pour les hôpitaux indigènes de Thu Thiêm et Cho Quan.
Dans le même temps l'amiral Bonard lui attribue un second terrain à Phu My - Thi Nghê pour y construire une chapelle, un nouvel orphelinat et une ferme-école.
L'expansion continue : orphelinats, crèches, écoles, ouvroirs, hôpitaux indigènes à Tan Dinh, Cholon, My Tho, Vinh Long, Bien Hoa ; ouverture à Saigon de pensionnats pour les petites Européennes et pour les petites Eurasiennes, et d'un refuge destiné aux jeunes filles abandonnées ; fondation à Saïgon d'un noviciat de religieuses annamites : « Nos soeurs indigènes font un bien qu'il nous serait impossible de faire sans elles ».
L'amiral Courbet lui demande d'envoyer dix soeurs infirmières aux hôpitaux de Hanoï et de Haïphong. Des évêques de Ceylan, du Siam et du Japon la sollicitent ; trois orphelinats surgissent sous son impulsion à Yokohama, Hakodaté et Yéso.
Epuisée, la Révérende Mère meurt des fièvres à Saigon le 20 mai 1884. Son corps repose dans la chapelle de la Sainte Enfance.
Soeur Osite Chatelain(1909-2001)
Née le 30 juillet 1909 à Charmauvillers (Doubs), dixième enfant d'une famille d'agriculteurs, elle entre au couvent des Franciscaines Missionnaires de Marie en 1933, prononce ses voeux en 1935 et part pour l'Indochine aussitôt. Elle y restera jusqu'en 1975, ses quarante ans de séjour n'étant coupés que d'un « congé » de trois mois dans un couvent de France en 1961.
Son ordre venait de fonder la léproserie de Qui Hoa près de Qui Nhon dans la province de Binh Dinh. Elle s'y dépensa sans mesurer sa peine pour en faire un village comme les autres, avec des maisons pour les familles, des écoles pour les enfants, un dispensaire pour les valides, deux hôpitaux pour les invalides, un marché, une chapelle
La gestion d'une pareille entreprise n'était déjà pas simple sous l'administration française. Mais en 1945 les Japonais, en 1946 les Viêt Minh s'abattirent sur le village, enfermant les religieuses dans leur couvent et ruinant la région, qui connut la famine. Les communistes restèrent maîtres du terrain jusqu'au débarquement de l'armée franco-vietnamienne à Qui Nhon en mars 1954. A cette date l'état physique de soeur Osite était pitoyable.
La vie reprit pour vingt ans. Puis, en mars 1975, la guerre ravagea le Binh Dinh jusqu'à la capitulation de Saigon le 30 avril. L'été suivant, religieux et religieuses français furent expulsés. A Qui Hoa seules subsistèrent les religieuses vietnamiennes.
C'est alors que le Secours Catholique demanda à soeur Osite de s'occuper des réfugiés d'Indochine à Paris. Elle se dévoua à cette nouvelle mission pendant douze ans, avant de prendre sa retraite en maison de repos à Lille.
Elle est morte le 20 décembre 2001, après avoir annoncé au colonel Trân Dinh Vy : « Je fêterai Noël dans un autre monde ». A son enterrement l'ANAI était représentée par le colonel Trân Dinh Vy, ancien chef de province de Binh Dinh et maire de Qui Nhon, et le Président Ooghe, de Valenciennes.
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