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>Les stations climatiques

 

Les stations climatiques en Indochine (1930)


Dès le début de notre occupation en Indochine, il est apparu à l'Autorité militaire qu'il y aurait intérêt à soustraire les Troupes, tenant garnison dans les villes, à l'influence débilitante du climat pendant la saison chaude, en les plaçant dans des conditions de milieu se rapprochant le plus possible de celles de la Métropole.
Après un échange de vues entre le Chef de la Colonie et le Département et une connaissance plus complète du pays acquise au cours des missions spéciales dans la chaîne annamitique, le Ministre des Colonies fixa dans sa Circulaire n° 503, en date du 15 novembre 1904, les directives d'après lesquelles devait être poursuivie l'installation des stations sanitaires maritimes et des stations sanitaires d'altitude, les premières éloignant moins les Troupes de leurs garnisons, ne gênant par conséquent en rien la défense du pays et se trouvant au surplus les moins coûteuses pour la Colonie et la Métropole.
C'est ainsi que furent décidées, en 1905, la création et l'organisation de la station du Cap Saint-Jacques, destinée aux convalescents et anémiés de la Cochinchine, et de la station maritime de Samson pour les convalescents du Tonkin.
En même temps, le Ministre des Colonies prescrivait de nouvelles recherches en vue de mieux déterminer les avantages des stations d'altitudes déjà choisies, comme le massif du Tam-Dao au Tonkin et le plateau de Dalat dans le Sud-Annam.


TAM-DAO (Tonkin) - Vue générale de la station

Grâce au développement économique du pays, à l'extension de son réseau routier et à la connaissance de plus en plus grande des sites, d'autres localités aussi bien placées que les premières ont retenu peu à peu l'attention des Européens et sont devenues des stations fréquentées, remplissant parfaitement le but pour lequel elles ont été créées, c'est-à-dire diminuer le chiffre des rapatriements anticipés et assurer des séjours plus prolongés. C'est ainsi que certaines plages du golfe du Tonkin et des côtes d'Annam et que le plateau de Lang-Bian, la montagne de Bana et le massif du Bockor devinrent des stations maritimes et des stations d'altitude.
L'Administration assuma la charge de la construction des premiers hôtels, dont un exploitant subventionné au début et affermé par la suite assurait le fonctionnement. Sur les terrains avoisinants concédés gratuitement, s'élevèrent rapidement de nombreuses et coquettes villas, construites, soit par des particuliers, soit par des associations professionnelles, soit encore par des entreprises commerciales et industrielles. Plusieurs de ces stations sont de plus en plus fréquentées et semblent appelées à un réel développement, grâce à l'amélioration progressive de leurs voies d'accès. Elles sont, pour la plupart, desservies pendant la saison par des services d?automobiles subventionnés.
Si l'Administration ne possède pas encore dans chacune d'elles un établissement hospitalier, elle y a jusqu'ici fait assurer, par un médecin désigné à cet effet, un service médical gratuit. D'autre part, la fréquentation de ces stations est rendue facile au personnel administratif qui, au terme d'arrêtés spéciaux, peut bénéficier, après avis médical et dans certaines conditions de solde, de permission spéciale de vingt jours avec une indemnité journalière de séjour.
L'Autorité militaire, de son côté, a ouvert à Chapa une infirmerie de garnison qui fonctionne comme sanatorium pour les troupes. Sur cette formation sont dirigés pendant la saison chaude, après avis médical, les soldats ainsi que les sous-officiers (avec, le cas échéant, leur famille) convalescents, anémiés, fatigués par le climat. La saison, répartie en trois périodes de traitement de quarante-cinq jours chacune, s'étend du 1er mai au 30 septembre.


CHAPA (Tonkin) - La vallée, vue du Sanatorium militaire

Quant aux officiers de l'active et de la réserve, ifs se sont groupés en une Société coopérative pour bénéficier, dans des conditions de confort et de bon marché appréciables, du séjour en montagne et au bord de la mer: Sanatoria de Chapa et de l'Île aux Buissons, dans la Baie d'Along.
En ces deux points, des médecins militaires assurent, pendant la saison, le service médical des groupements des sociétaires.
Ainsi, en février 1925, au moment où les Instructions Ministérielles prescrivirent à nouveau d'organiser des stations d'altitude et des stations maritimes «où les Européens puissent trouver le délassement physique et moral dont ils ont périodiquement besoin, dans les conditions de confort et de climat les plus propices à cette détente», l'Indochine comptait déjà comme principales stations d'altitude : Chapa et le Tam-Dao au Tonkin, Bana et Dalat en Annam, le Bockor au Cambodge et Xieng-Khouang au Laos ; comme principales stations sanitaires maritimes : Doson et Hongay au Tonkin ; Sam-Son, Cua-Lo, Cua-Tung, Nha-Trang en Annam ; le Cap-Saint-Jacques en Cochinchine ; Kep et Kampot au Cambodge.
Il n'est pas douteux que la plupart de ces stations, choisies pour les avantages de leur climat et la beauté de leurs sites, continueront à se développer et à mieux s'organiser, de manière à permettre aux villégiaturiants d'y reconstituer leur santé dans les conditions les plus satisfaisantes de confort et d'hygiène,
Il convient tout d'abord d'exposer sommairement les caractéristiques du climat de l'Indochine ainsi que les indications et contre-indications pour les stations d'altitude et pour les stations maritimes.
D'une manière générale, on peut dire que le climat de l'Indochine, compris entre 8° 31 et 33° 22 de latitude Nord, et entre 102° et 109° de longitude Est, est un climat tropical soumis au régime des moussons.
Ce régime comporte, dans son ensemble, une saison sèche de mousson d'hiver et une saison pluvieuse de mousson d'été. La première s'étend de novembre à avril, la seconde de mai à octobre. Elles se succèdent par des variations insensibles, constituant les périodes de transition, susceptibles d'être rattachées indifféremment à l'une ou l'autre des deux saisons. D'autre part, l'étendue de l'Indochine en latitude et son orographie contribuent à modifier, d'une manière importante, son climat général et les climats locaux des régions variées qui la composent.
Sans entrer dans le détail des observations relevées sur la chute des pluies, sur le régime des vents et moussons, sur la pression et l'humidité atmosphériques, enfin sur les différents facteurs qui concourent à la détermination précise d'un climat et en se basant seulement sur la courbe des températures particulières à chaque pays, on peut affirmer que le Sud-Indochinois (Cochinchine-Cambodge et Sud-Annam) est nettement tropical, mais qu'il présente encore les caractéristiques du régime équatorial, sans variations très accentuées, et avec deux maxima et deux minima.
Plus on s'éloigne de l'équateur, plus les températures se modifient. Déjà, à Nha-Trang, on n'observe plus qu'un maximum et qu'un minimum, et lorsqu'on arrive au Tonkin, si le climat est encore tropical, il présente une saison froide très nette qui constitue un véritable petit hiver permettant aux organismes fatigués de réparer leurs forces.
Nous devons mentionner, en dehors du régime saisonnier des pluies, l'existence d'une période de crachin spéciale à la région deltaïque tonkinoise, période humide, de brouillards et de bruine ou pluie fine, interrompant la saison sèche, en général vers la fin de janvier et se rattachant graduellement par les chutes de pluies à la saison pluvieuse proprement dite. Celle-ci est caractérisée par la fréquence des orages, et est plus particulière au delta tonkinois et à sa ceinture montagneuse.
Les indications et contre-indications médicales ont été exposées avec une haute compétence par GRALL, dans son Traité d'Hygiène coloniale (1).
Dans cet important ouvrage, où sont étudiées toutes les questions relatives à l'hygiène militaire, à l'hygiène urbaine, aux eaux potables, aux constructions hospitalières, un chapitre entier est consacré aux sanatoria maritimes et d'altitude de l'Indochine.
« Il existe, dit-il, en Indochine comme dans l'Inde anglaise et en Birmanie des circonscriptions étendues où le climat cesse d'être gravement offensif et où la validité peut être analogue sinon identique à celle d'Europe.
« La colonie doit pouvoir y trouver place pour toutes ses réserves vives :
« Qu'il s'agisse de troupes venues de France et qu'elle tient à conserver intactes pour sa défense.
« Qu'il s'agisse de l'enfance et de la jeunesse Européennes. dont l'existence et la multiplication sont nécessaires aux longs espoirs que les Gouvernants sont en droit de former.
« Ces stations, ces villes de santé doivent remplir un second objet d'aussi grande importance : celui de redonner la validité aux nationaux que le séjour dans les deltas a éprouvés, affaiblis et parfois gravement atteints.
« Mais il faut bien savoir qu'elles ne peuvent être un palladium, qu'il existe des contre-indications très nettes à leur utilisation et qu'une station de santé, malgré son titre, n'est pas une station de rétablissement pour tous les cas. Les indications varient suivant l'altitude, suivant l'exposition et la configuration du sol.
« Deux régions assez éloignées l'une de l'autre, placée l'une au Sud de l'Annam et l'autre dans le Laos supérieur, paraissent réunir les conditions recherchées: d'une part les sommets du Lang-Bian, au Nord de la Cochinchine, et de l'autre le plateau du Tran-Ninh, au Sud-Ouest du Tonkin.
« Le Tam-Dao, au voisinage de Hanoi, ne peut, en raison de son peu d'étendue, servir de villégiature que pour quelques rares privilégiés.
« Le Lang-Bian et le Tran-Ninh présentent des conditions fort voisines de climatologie, d'exposition, de constitution du sol ; ces deux régions sont d'accès diffculteux et très onéreux : la pénétration au Lang-Bian est évaluée dans les projets établis à plusieurs millions, la dépense ne paraît pas devoir être sensiblement moindre pour le Tran-Ninh.
« Malgré ces inconvénients, l'hygiéniste est conduit à formuler la demande instante que ce Sanatorium soit aménagé et occupé d'urgence, car c'est le seul moyen dont on dispose pour préserver des rigueurs d'un climat extrême les habitants Européens de la Cochinchine ».
« Lorsqu'on voudra établir un sanatorium dans les pays chauds, dit le Professeur LE DANTEC (2), il faudra le placer à une altitude suffisante pour qu'on y trouve la température des climats tempérés, car aux colonies, le terme de sanatorium est synonyme de station climatique tempérée ».
Or, cette altitude tempérée n'existe, en général, qu'au-dessus de 1.200 à 1.300 mètres. Tel est, en particulier, le cas pour le massif du Lang-Bian, où l'altitude de 1.000 à 1.100 mètres est nettement insuffisante à cause de l'humidité trop grande de l'atmosphère, de la fréquence des brouillards, de l'insuffisance de la ventilation et, par suite, de l'existence du paludisme. C'est ainsi que les postes de Djiring et de Bran, qui sont à l'orée de la forêt, sont plutôt des «paliers» d'accès que de vraies stations, parce que la malaria y sévit encore d'une façon sévère et ne disparaîtra que dans un temps assez long quand ces postes auront été assainis.
Il était donc justifié de s'élever au-dessus de 1.200 mètres, d'atteindre la région des pins, le plateau proprement dit du Lang-Bian, pour être certain d'éviter l'impaludation. A Dalat (altitude de 1 .400 m.) il n'y a pas de paludisme autochtone. La même constatation a été faite au Tran-Ninh, à Chapa et à Bana. Les cas de paludisme qui y sont observés, surtout chez les Européens, sont des cas de paludisme importé, mais le climat y réveille les anciens accès, sous l'influence du froid ou d'une fatigue physique. II est prouvé, au contraire, qu'un séjour prolongé dans ces stations permet de se débarrasser de cette affection endémique.
Chez les convalescents et chez les personnes simplement fatiguées on constate, après une courte période d'acclimatement, conséquence de l'altitude, une amélioration rapide caractérisée par le retour de l'appétit, du sommeil et de l'activité musculaire. Cette cure d'altitude est donc tout particulièrement indiquée aux anémiés, aux fatigués et aux convalescents. Pour eux les résultats sont vraiment surprenants, qu'il s'agisse d'adultes ou d'enfants. Mais une distinction s'impose, au point de vue médical, entre les paludéens et les dysentériques. Les premiers, s'ils sont encore en période aiguë, présentent généralement des accès assez violents au début de leur séjour, mais arrivent à guérir, lorsque ce dernier est suffisamment prolongé. A cette condition seulement la cure d'altitude, comme adjuvant au traitement quinino-arsenical, est d'une efficacité incontestable. Par contre, l'altitude est nettement contre-indiquée à tous les entéritiques aux dysentériques, et même aux convalescents récents de ces affections, car pour eux les rechutes sont toujours plus ou moins sévères.
Les paludéens et surtout les dysentériques ne seront donc envoyés dans les stations d'altitude qu'après guérison confirmée. Tous les médecins ont, en effet, noté que les rechutes de ces malades y sont fréquentes. En outre, il leur sera recommandé de se protéger contre les variations brusques de température, qui congestionnent facilement le foie et l'intestin et prédisposent ainsi à l'infection, d'où la fréquence des cas de diarrhée saisonnière. Il en sera de même pour les affections pulmonaires qui sont observées pendant la saison la plus froide et lors des périodes de transition.
La cure d'altitude est contre-indiquée d'une façon formelle aux malades atteints de cardiopathies non compensées, d'artério-sclérose, de rhumatisme, de tuberculose, de cachexie, etc....
Quant aux stations maritimes, elles présentent les avantages suivants : en général l'état hygrométrique y est moindre que dans les villes et les postes de l'intérieur, les élévations thermométriques un peu moins accusées, l'impression de chaleur moins pénible, en raison de la brise constante et de la siccité relative de l'air. Mais il en est pour elles comme pour les stations d'altitude, le séjour au bord de la mer ne convient pas généralement aux vrais malades, aux paludéens aigus et surtout aux dysentériques, à cause des variations très grandes et soudaines de température, des sautes de vent brusques, qui sont à l'origine de nombreuses diarrhées plus ou moins tenaces. Le changement d'alimentation et la réaction produite par les bains de mer sont aussi des causes à ne pas négliger.
En résumé, la cure d'altitude et le séjour sur les plages sont agréables et bienfaisants pendant la période des fortes chaleurs. Mais l'une et l'autre conviennent surtout aux personnes anémiées et fatiguées par l'action déprimante du climat et non pas aux véritables malades présentant des lésions organiques ou à peine convalescents de maladies aiguës fébriles.
Nous recommandons de combiner autant que possible les deux cures, en commençant par le séjour au bord de la mer. Cependant, nous ne cachons pas notre préférence pour l'altitude, car ces stations constituent par leur situation et leur climat des îlots tempérés, où les Européens retrouvent des conditions de vie se rapprochant je celles de France. Et, par analogie avec l'organisation récente des saisons d'hiver en France nous sommes d'avis que, pour bénéficier au maximum de la cure d'altitude, le choix de la saison d'hiver serait préférable. Les installations hôtelières sont aujourd'hui suffisantes pour y combattre l'abaissement de température. L'hiver est, en effet, la période claire, sèche, lumineuse et saine par excellence, celle pendant laquelle on apprécie mieux la différence de pression, la pureté et la vivacité de l'air. Cette saison d'hiver existe déjà à Dalat pour les Cochinchinois. Il est à souhaiter qu'il en soit de même à Chapa pour les Tonkinois.

L'Indochine possède actuellement un certain nombre de stations climatiques maritimes et d'altitude. Encore n'avons-nous cité que les principales et les plus connues, puisqu'une station climatique ne vaut, surtout aux colonies et indépendamment de ses qualités propres de station, que par les commodités d'accès qu'elle présente: facilité et rapidité.
C'est pour cette raison essentielle que plusieurs petites stations - surtout au point de vue maritime -- s'étaient installées au début auprès des chefs-lieux de la plupart des provinces. La valeur en était relative le plus souvent, mais leur proximité permettait de les utiliser.
Les stations maritimes, dont la valeur est indéniable et dont les conditions d'accès et de séjour sont aujourd'hui bien établies, sont au nombre de 6 très heureusement réparties :
pour le Tonkin: Do-Son;
pour l'Annam : Sam-Son, Cua-Tung et Nha-Thrang ;
pour la Cochinchine : Cap Saint-Jacques ;
pour le Cambodge : Kep.


CAP SAINT-JACQUES (Cochinchine)


DO SON (Tonkin)

Les principales stations d'altitude sont également au nombre de six.
Dalat est la plus importante : le plateau du Lang-Bian, par sa situation splendide, par son étendue et par ses facilités d'accès, est appelé à devenir, ainsi que nous l'avons indiqué, le grand centre sanitaire et de repos de toute l'Indochine et même de tout l'Extrême-Orient. Aussi n'est-il pas exagéré de penser que la ville de Dalat sera un jour le siège du Gouvernement Général et de tous les Services généraux, que le petit Lycée actuel deviendra le plus important lycée de la Colonie et que l'Hôpital en construction sera transformé en un grand établissement hospitalier.


DALAT (Annam) - Le Grand Hôtel

C'est précisément à cause de l'importance de cette station que nous avons jugé bon de lui consacrer dans cette étude d'ensemble une documentation un peu plus abondante et plus détaillée.
L'Annam, qui représente la façade de la Péninsule indochinoise sur la mer de Chine et qui possède sa longue chaîne montagneuse, est le plus favorisé des cinq Pays de l'Union au point de vue des stations sanitaires.
En dehors de Dalat et de Bana, plusieurs autres plateaux et massifs montagneux ont été et peuvent être utilisés - en particulier le plateau de Plei-Ku - d'une altitude moyenne de 800 mètres - et où les soirées et les nuits sont toujours fraîches ; la région du lac Ta-Lak, dans le Darlac ; le plateau de l'Ata-Ouat, à l'Ouest de Huê ; celui de Lao-Bao, sur la route de Dong-Ha à Savannakhet ; celui de Napé et de Nakai, sur la route de Vinh à Thakhek, etc... mais nous croyons qu'il est inutile de multiplier les grandes stations.
Nous ne faisons une exception que pour le plateau du Tran-Ninh, sur lequel nous tenons à attirer encore l'attention. Ce beau plateau, moins étendu que celui du Lang-Bian, est comme lui riche en qualités requises pour la création d'une autre ville d'été. Mais, pour cela, il est indispensable que la route soit rendue automobilable pendant toute la saison d'été. Nul doute alors que cette station attirera la population du Nord-Annam et celle des provinces Sud du Tonkin.


QUI NHON (Annam) - Vue Générale


SAM SON (Annam) - Les rochers

Le Tonkin continuera à bénéficier presque absolument de Chapa ; malgré sa situation un peu excentrique et distante du Delta, c'est la seule station d'altitude vraiment intéressante et susceptible de tout le développement voulu, tandis que celle du Tam-Dao, dont le crédit tient surtout à sa proximité de Hanoi, ne présente qu'une valeur moyenne.
Sans doute, d'aucuns ne cachent pas leur préférence pour le Yunnan, dont le climat tout-à-fait tempéré est aussi bienfaisant que celui d'Europe. Malheureusement l'on ne pourra jamais compter sur la possibilité d'un séjour régulier et facile dans cette province chinoise en raison de sa situation politique constamment troublée. Aussi est-il regrettable que nous n'y possédions pas, soit à Mongtseu, ville ouverte, soit à Yunnanfou, une concession territoriale qui aurait permis depuis longtemps l'installation d'une station d'altitude.
En ce qui concerne le Cambodge, nous ne croyons pas que le Bockor soit appelé à rendre de réels services et par conséquent à se développer, à cause d'un régime des pluies d'une dominance excessive pendant la saison la plus chaude de l'année. L'intérêt de cette station sera donc toujours très localisé.
La protection climatique et sanitaire de l'Indochine est ainsi bien assurée aujourd'hui par toute une série de stations rnaritimes et d'altitude ; leur nombre semble suffisant, car il y a intérêt à ne plus disperser les efforts, mais plutôt à développer et à améliorer les stations existantes, dont la population européenne bénéficie déjà très largement. Tout laisse à prévoir que les Annamites apprécieront et rechercheront à leur tour les bienfaits de ces stations ; plusieurs familles cochinchinoises fréquentent déjà Dalat et quelques familles tonkinoises se rendent également au Tam-Dao et à Chapa

Hanoi, le 1er août 1930.

(1) A. GRALL - Hygiène coloniale appliquée - Librairie Baillère et Fils, Paris 1908.
(2) LE DANTEC - Traité de Pathologie exotique .


D'après " Les stations climatiques en Indochine" par le Dr. GAIDE , Médecin Général Inspecteur, Inspecteur Général des Sevices Sanitaires et Médicaux de l'Indochine - Hanoi 1930


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