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La route mandarine

Sous ce nom, on désignait depuis longtemps la route qui reliait la capitale de l'Annam, Hué, à Hanoï et à Saïgon. Route des mandarins, c'est-à-dire des mandataires du roi chargés de commander ("mandat") au peuple.
Ce n'était en vérité qu'une piste et, par endroits, un mauvais sentier, juste ce qu'il fallait pour les porteurs de palanquins et les courriers à pied ou à cheval du roi ; le reste ne comptait pas. De distance en distance, tous les quinze kilomètres environ, un bâtiment ("tram") servait de bureau de relais et d'abri pour les porteurs que les villages devaient fournir et qui, en compensation de cette obligation, jouissaient de certains privilèges. Le droit d'utiliser les trams était réservé aux mandarins, aux courriers du roi, et aux personnages munis d'un ordre spécial de l'autorité.
L'Administration française s'empressa de doubler ce chemin, long au total d'environ 1.720 kilomètres, d'une ligne télégraphique ; elle établit un service postal et commença, dès la dernière décade du siècle dernier, à rendre certaines sections carrossables.
Au moment où la guerre éclata, ces sections de route non empierrées n'étaient accessibles aux rares automobiles que pendant la saison sèche, dont l'époque varie beaucoup du nord au sud. Par contre, la voie ferrée, dont M. le Gouverneur Général Doumer avait décidé la construction dès 1898, comportait déjà trois tronçons : au sud, de Saïgon à Nhatrang (410 kilomètres), au centre, de Tourane à Dongha (175 kilomètres), au nord, de Vinh à Hanoï (321 kilomètres).
Pendant la guerre, l'effort fut reporté sur la route et, un peu avant l'armistice, un service régulier d'automobiles pouvait être inauguré de Dongha à Vinh, tandis qu'au sud la route était, malgré la persistance de très nombreux bacs et de quelques passages assez difficiles, praticable jusqu'à Qui Nhon, et même jusqu'au nord du Cap Varella, à 60 kilomètres au nord de Nhatrang.
Les dix années qui ont suivi la guerre ont vu s'accomplir un progrès considérable. Tandis qu'était réalisée la connection par voie ferrée de Hanoï à Tourane, la route était achevée de bout en bout sur les 1.725 kilomètres ; un raccourci de Phuly à Ninh Binh ramenait la distance totale à moins de 1.700 kilomètres ; par contre, il restait jusqu'à ces derniers temps dans le sud une lacune de Phan Rang à Phan Thiet, qui obligeait soit à prendre la voie ferrée, soit à faire un détour par le haut plateau du Lang Biang.
De bout en bout, la route était rectifiée, empierrée, en partie goudronnée, dotée d'un nombre imposant de ponts, dont beaucoup de 200 à 500 mètres, et un de plus de 1.100 mètres de long. Quant aux bacs, dont le nombre dépassait la quarantaine en 1918, il n'en restait plus, vers la fin de 1930, que cinq.
En outre, à cette voie, baptisée du nom plus administratif et plus prosaïque de Route Coloniale n°1, étaient incorporées la route, longue de 156 kilomètres, qui relie Hanoï à Langson et à la frontière de Chine, et celle, longue de 643 kilomètres, qui, de Saïgon, par Pnom Penh et Battambang, gagne la frontière du Cambodge. Cette dernière est même doublée entre Kompong Luong et Sisophon par une route n°1 bis, ou Route du Nord des Lacs, qui dessert Angkor et qui vient d'être achevée.

La section de Phan Rang à Phan Thiet étant terminée, on a aujourd'hui, de la frontière de Chine à la frontière du Cambodge, une belle route continue de 2.550 kilomètres, d'un intérêt sans cesse renouvelé, tant sont divers les pays qu'elle dessert.
C'est cette route, dont l'Indochine a raison d'être fière, que nous décrivons ici en partant d' Aranya , la gare siamoise par où arrivent à notre frontière cambodgienne les voyageurs venus par chemin de fer des grands ports malais de Singapour et de Pénang , ou de Bangkok , la capitale du Siam.
Disons d'abord que les chiffres indiqués pour le kilométrage sont approximatifs. Un kilométrage définitif ne sera possible qu'une fois la route terminée, des mesures exactes faites dans chacun des quatre pays et un point de départ unique adopté. Actuellement les chiffres officiels des divers pays ne concordent pas absolument entre eux.De la gare d'Aranya au poste frontière, à Poipet, le Siam a construit une route automobilable d'environ 7 kilomètres.

I° -- De la frontière à Sisophon , 45 kilomètres à travers la forêt clairière, puis les premières rizières de la région de Battambang, vrai grenier d'abondance, au débloquement duquel le chemin de fer actuellement en construction de Battambang à Pnom est surtout destiné. De Sisophon se détache la variante qui dessert Angkor et Kompong Thom.


Au bord de la forêt inondée par le Grand Lac

II° -- De Sisophon à Battambang , 71 kilomètres (total 116), par Mongkol Borey, gros marché de riz; Battambang, ville très commerçante, nombreuses pagodes; route sur Pailin (la région des rubis); hôtel.

III° -- De Battambang à Pnom Penh , 294 kilomètres (total 410). A trente kilomètres de Battambang, route du Pnom Tippedei, région de grandes chasses; à 94 kilomètres, Pursat, centre d'une région giboyeuse, fabrication d'objets en marbre ; à 176 km., Babaur, ancienne pagode ; à 201 km., Kompong Chnang, port sur le Grand Lac, belle pagode ; à 254 km., Oudong (la Victorieuse), capitale cambodgienne de 1618 à 1866, deux monastères ; dans le voisinage, l'ancienne résidence royale de Lovek ; à 259 km., Kompong Luang, où se raccordent la route Coloniale N°1 bis et la route de Saïgon par Kompong Cham et Tay Ninh, route qui dessert les fameuses terres rouges du Cambodge.
III° bis -- Variante - Route Coloniale n°1 bis; à 45 kilomètres de Sisophon, Kralanh ; à 101 km., Siem Reap-Angkor, hôtels; à 164 km., pont Khmer de Spean Praptos ; à 245 km., Kompong Thom, bungalow, route de Sambor (ruines du Vllème siècle); à 380 km., Kompong Luong où l'on retrouve la route Coloniale N°1.
Pnom Penh - Capitale du Cambodge : Palais Royal, Musée Khmer et bibliothèque renommée, confluent des Quatre-Bras, grand port fluvial que des multitudes de chaloupes relient à toutes les régions du Cambodge et de la Cochinchine.


Les chûtes d'Ankroet

IV° -- De Pnom Penh à Saïgon , 240 kilomètres (total 650). A 5 km., pont du Bassac; à 60 km., bac du Mekong à Neak Luong, près de Banam; à 123 km., Soai Rieng, carrefour, relais des services automobiles publics et marché important ; à 175 km., traversée du Vaïco à Go bau Ha; puis c'est la riche plaine cochinchinoise, bien cultivée, très peuplée, sillonnée par un réseau serré de canaux et de belles routes très animées.
SAIGON - Capitale du Sud, Palais d'été du Gouverneur Général, jardin botanique, Musée Blanchard de la Brosse,etc. Saïgon est le grand port et la plus importante ville de l'Indochine avec Cholon, son grouillant faubourg commerçant et industriel peuplé de Chinois. Nombreux hôtels.


Cholon

V° -- De Saïgon à Phan Thiet , 226 kilomètres (total 876). A 29 km. de Saïgon, Bien Hoa, où l'on traverse le Donnaî, et d'où se détachent les routes du Cap St-Jacques et des chutes de Trian; puis la forêt, avec son chemin de fer de Trang Bom à Ben Nom, la région des grandes plantations d'hévéas ; à 78 km., Xuan Lac, puis Gia Ray, le pays des Moïs sauvages et des grandes chasses.
Phan Thiet - Hôtel, plage, port de pêche, et grosse fabrication du condiment indigène si réputé, le Nuoc Mam.


Le cap Varella

VI° -- De Phan Thiet à Phan Rang , 122 kilomètres (depuis Saïgon 348. Total 998). A 47 km., Phan Ri, chef-lieu du dernier lambeau de l'Empire Tjame; à 77 km. Vinh Hao (bonnes eaux), le futur Vichy indochinois, plage et station thermale en voie d'organisation ; à 92 km Cana, avec ses salines modernes.
Variante - De Phan Thiet à Phan Rang par le Lang Biang, 243 km. A 15 km., Maalam, station du chemin de fer; à 39 km., Gia Le (altitude 150 m.); à 77 km., col du Da Trom à 1.250 m.; à 96 km., Djiring (alt. 1.010), bungalow; non loin de Djiring, chutes de Bobla ; à 134 km. (de Phan Thiet) chutes du Da Nhim, à Lien Khanh; à 149 km., P'i Mun et la route de Dalat; Dran et Bellevue (alt. 980 m.) ; descente sur Krong Pha (alt. 180 m.) et la vallée du Song Cay. De Fimnon et de Dran, routes sur Dolot (178 km. de Phan Thiet et 87 de Phan Rang), future capitale d'été de l'Indochine, à 1.475 m. d'alt., trois hôtels, lycée, etc.
Phan Rhang (gare de Tour Cham), petit port accessible aux navires de mer, bungalow.

VII° -- De Phan Rang à Nhatrang , 102 km. (de Saïgon, 450 ; de la frontière siamoise, 1.100). A 58 km., Bangoï, sur la baie de Camranh, l'un des plus beaux ports naturels de l'Asie, futur grand port d'escale; à 85 km.,,Suoi Dau, plantations de l'Institut Pasteur.
Nhatrang - Deux grands hôtels modernes, plage, climat réputé, port accessible aux paquebots, Institut Pasteur, Institut Océanographique et des Pêches de Cau Da, terminus actuel du Chemin de fer de Saïgon.


Sur la route près de Tam Quan

VIII° -- De Nhatrang à Qui Nhon , 238 km. (de Saïgon, 688 ; de la frontière siamoise, 1.338). A 34 km., Ninh Hoa, où se détache la route du Darlac (Pays des Moïs Rhadés, des chasseurs d'éléphants, des terres rouges et des grandes plantations, et dont la capitale, Ban Me Thuot, est à 122 km. De Ninh Hoa) ; à 60 km., Gia, sur la baie de Port Dayot ; Tu Bong, source thermale ; le Cap Varella et sa route en corniche. A 117 km., Tuy Hoa (bungalow) commande une plaine récemment dotée de grands travaux d'irrigation ; puis c'est la riche et pittoresque province de Phu Yen, les baies pittoresques de Xuan Dai et de Cu Mong. A 178 km. de Nhatrang et 60 de Qui Nhon, Song Cau, sur la baie de Xuan Dai.
Qui Nhon - Chef-lieu européen de la province de Binh Dinh, escale des paquebots annexes et port de cabotage actif. Hôtel, Banque de l'Indochine, route de Kontoum (Terres rouges, pays Moï, grandes plantations. De Qui Nhon à Kontoum, 207 km.)

IX° -- De Qui Nhon à Tourane , 300 km. (de Saïgon, 988; de la frontière, 1.628). A 20 km., Binh Dinh, chef-lieu indigène de la province; à 85 km., Bong Son (bac); à 100 km., Tam Quan et ses cocoteraies ; à 110 km., les salines de Sa Huyn ; à 170 km., Quang Ngai, chef-lieu d'une province pittoresque, bungalow ; à 233 km., Tam Ky, marché important ; à 270 km. route conduisant aux fameuses ruines tjames de Don Duong et de Mison. A 178 km., Quang Nam, chef-lieu indigène de la province de ce nom, avec route de 10 km. sur Faïfoo, le chef-lieu européen, ancien port fréquenté par les Japonais, port de cabotage actif, ville chinoise. Montagnes de Marbre et grottes fameuses aux environs.
Tourane - Port d'escale sur une baie magnifique. Grand Hôtel, Banque de l'Indochine, Musée Cham. A 43 km., station d'altitude de Bana (1.356 m., hôtel).

X° -- De Tourane à Huê , en contournant la baie et passant par le col des Nuages, 107 km. (de Saïgon 1.088 km., ou 1.078 en évitant Tourane, total 1.728).
Huê - Capitale de l'Annam. Palais Royal. Musée Khai Dinh. Tombes royales, dans un site enchanteur. Grand hôtel, bureau de tourisme


Huê : entrée sud du Palais

XI° -- De Huê à Vinh , 364 km. (de Saïgon, 1.442, total 2.092). A 60 km. de Huê, Quang Tri, chef-lieu de province, hôtel; à 155 km., Dong Ha, point de départ de la route du Mékong (Savannakhet, à 325 km., par Tchépone, mines d'or); à 95 km., route de Cua Tung, belle plage et hôtel ; à 165 km., Dong Hoï, bungalow, ébénisterie et sculptures sur bois ; à 185 km., Ba Trach, route pour les grottes de Cu Lac ; à 198 km. ,grottes de Cu Lac ; à 198 km., bac de Quang Khê ; à 230 km., la Porte d'Annam; à 315 km., Ha Tinh, chef-lieu de province; route sur le Mékong par Chu Lê, Tan Ap et le Col de la Vieille ; à 358 km., bac sur l'estuaire du Song Ca et Benthuy, port de cabotage de grand avenir, ville industrielle, grand commerce de bois, à 5 km. de Vinh.
Vinh - Chef-lieu de province et centre commercial actif, point de départ de deux routes sur le Laos, l'une aboutissant au Mékong, à Thakhek, par Napé et Nhommarat; l'autre devant y aboutir à Luang Prabang et desservant déjà les plateaux du Tranninh (1.250 m. d'altitude). A 20 km. de Vinh, sa jolie plage de Cua Lo.

XII° -- De Vinh à Ninh Binh , 203 km. (de Saïgon 1.645 km.) à 50 km., Yen Ly, bifurcation de la route de Phu Qui, pays de terres rouges, belles plantations, grandes chasses; Thanh Hoa, à 137 km. de Vinh, chef-lieu d'une des plus belles provinces de l'Indochine: hôtel, citadelle, plage de Sam Son à 16 km., magnifique système d'irrigation. Dans le voisinage, citadelle des Hô, mine de chrome de Co Dinh, plantations de café, etc.; à 174 km., Bim Son, d'où part une route pour le temple de Pho Cat (poissons sacrés et célèbre pèlerinage) et la citadelle des Hô; à 183 km., frontière du Tonkin, Dong Gicla, mine de charbon et plantations.
Ninh Binh - Parmi les grands rochers calcaires qui font de ce coin du delta tonkinois une véritable baie de Halong envasée, port fluvial sur le Day. Excursions sur Phat Diem (21 km.) et sa magnifique cathédrale de style annamite, Nha Quan, Chiné, leurs mines de charbon et leurs pittoresques plantations de café.

XIII° -- De Ninh Binh à Hanoï . Route directe, 92 km. (à 1.745 km. de Saïgon et 2.395 km. de la frontière du Siam), par Gian Khau, où se détache la route de Nha Quan et Chinê; Ké So, mission catholique, séminaire, cathédrale curieuse construite par les paysans; Phu Ly (route sur Chinê), à 57 km. de Hanoï. Variante par Nam Dinh, 114 km. A 27 km.de Ninh Binh, Nam Dinh, grande ville manufacturière, "Le Manchester tonkinois", port fluvial important, routes pour Van Ly (salines), Quât Lâm (plage), Thai Binh, etc. De Nam Dinh à Phuly, 32 km., à Hanoï, 87.
Hanoï - Capitale de l'Indochine, nombreux hôtels, cinq banques, musées et bibliothèques, Petit et Grand lacs, cathédrale, etc. Centre de communications fluviales, ferroviaires et routières.


Hanoï, port fluvial

XIV° -- De Hanoi à Lang Son , 156 km. (de la frontière du Siam, 2.551 km.). Par Phu Tu Son (pagode de Lim). Bac Ninh, 29 km., citadelle, ville commerçante, centre de la broderie ; Thi Cou, garnison ; Dap Cou, port fluvial et usines ; à 49 km., Phu Lang Thuong, port fluvial et marché actif ; à 68 km. Kep, irrigations ; Thanh Moï, dans la pittoresque région calcaire du Caï Kinh.
Lang Son - Chef-lieu d'une province pittoresque, au climat agréable, centre de la culture du badianer, garnison importante, grottes célèbres, station d'altitude du Mao Son (alt. 1.500 m.) à 25 km.; Porte de Chine, à 16 km. Grande route-frontière allant à Tiên Yên (sur la baie de Halong) et Moncay au Sud-Est, Cao Bang et Nguyên Binh au Nord-Ouest. La province de Cao Bang est l'une des plus intéressantes de l'Indochine au point de vue touristique et économique.


Vue générale de Lang Son


Total de la Route Mandarine, de frontière à frontière, 2.567 km.
Le parcours complet peut se faire en 7 ou 8 jours, en automobile, mais le touriste qui disposera de 2 ou 3 semaines pourra, moyennant quelques crochets, contempler la plupart des merveilles de l'Indochine, et il jouira partout d?un confort parfait, à des prix raisonnables.



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